La faïenceCette technique consiste à recouvrir une terre argileuse d'un émail stannifère blanc et de la cuire à une température d'environ 900°. L'émail améliore sensiblement la perméabilité de la matière. L'émail stannifère opaque fut découvert en Mésopotamie vers le IXème siècle après J.C. via l'Afrique du Nord. Cette technique fut véhiculée par les musulmans jusqu'en Espagne, où furent produites des faïences dès les XIème et XIIème siècles. De l'Espagne, cette technique passa en Italie où elle fut connue sous le nom de "Majolique". Les premières fabriques s'établirent à Florence et à Faenza. Les coloris furent d'abord restreints et les motifs purement décoratifs. Puis les objets s'animèrent de personnages et scènes historiées. La première phase de l'histoire de la faïence, à la fin du Moyen Age, résulta d'une rencontre entre l'esthétique du monde musulman et les traditions européennes. La deuxième période, à la Renaissance, se caractérisa par la primauté de l'influence italienne qui se répandit dans toute l'Europe, initiant la plupart des grands centres faïenciers. Au XVIIème siècle, la troisième phase vit l'émergence du rôle de Delft (ou Delphes en français), elle-même héritière de l'Italie. Le développement des ateliers de Delft (ou Delphes) se situa au moment où la Compagnie des Indes Hollandaise importait des porcelaines chinoises vivement recherchées en Europe. Une argile particulièrement fine et un émail très blanc recouvert d'un enduit translucide brillant, le kwaart, permirent aux faïences ainsi fabriquées de rivaliser avec des porcelaines extrèmement onéreuses. Influencées par l'art italien et delftois, presque toutes les grandes villes de France développèrent largement la technique faïencière. Cet épanouissement remarquable fut favorisé, non seulement par la volonté de concurrencer la céramique orientale, mais également par les deux édits somptuaires de Louis XIV, en 1689 et 1709, qui ordonnèrent de faire fondre les vaisselles de métaux précieux pour les besoins de la guerre. Nevers fut un des premiers centres faïenciers français. Dès 1526, Rouen connut une renommée égale à celle de Nevers. La première faïencerie de Lille fut créée à la fin du XVIIème siècle. Il est remarquable que la petite bourgade de Moustiers ait vu s'épanouir une des plus belles productions de faïence française au XVIIIème siècle. Au milieu du XVIIIème siècle, l'essor de la porcelaine conduisit à la modification des techniques du décor faïencier. La technique du grand feu autorisait uniquement un décor aux contours relativement épais et à la polychromie limitée. Peindre le décor sur l'émail déjà cuit à température modérée et cuire ensuite les oxydes métalliques permit d'élargir considérablement la palette des couleurs. Cette technique est appelée la "faïence de petit feu". Apparaissent alors des noms de manufactures célèbres : Strasbourg, Lunéville, Marseille, Sceaux, Sarreguemines, Gien... Le XIXème siècle n'abandonna pas la faïence. La caractéristique principale de cette période fut le développement de la "faïence fine". On obtient une terre presque blanche en ajoutant à de l'argile du silex calciné et de la chaux. La plasticité de cette terre permettait d'obtenir des reliefs très précis. Le porcelainier limousin Charles Haviland, avec Ernest Chaplet, utilisèrent la technique de la barbotine qui consistait à employer des oxydes métalliques délayés dans une pâte d'une consistance analogue à celle de la peinture à l'huile et à les faire diffuser sous l'émail au cours de la cuisson, ceci afin d'obtenir les effets impressionnistes recherchés. |
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